Je pense qu’il ne suffit pas de s’intéresser au mal qui existe dans le monde. Il faut se pencher sur le mal  que nous voulons. Se pencher sur le mal qui est voulu pour lui-même. Et le mot « pervers » vient là pour illustrer de façon certes réductrice ce Mal en question. Dans le langage commun, se retrouvent  les pervers que certains dénomment malades mentaux et les autres, ces êtres mauvais, « méchants, malfaisants, voire même fous criminels ». Ces derniers sont à mon sens emportés  dans une spirale de perfections négatives car ils fascinent de par leur intelligence supérieure.

Ce qu’il faut savoir c’est que la perversion concerne une zone de recoupement assez étroite  entre morale, médecine, psychologie et droit.

De mon point de vue la perversité est la capacité à exploiter (pour nuire radicalement) la vulnérabilité de certains êtres. Il ne peut y avoir de perversité sans vulnérabilités corrélatives. Mais de quels êtres vulnérables s’agit il ?

Le danger selon moi réside dans le fait  que nous ne pouvons pas grand-chose  sinon décrire dans toute son indétermination angoissante le monde vulnérable  où la perversion se déchaîne dans sa dimension relationnelle. Il me parait  important de savoir ce qui constitue un AGIR PERVERS et notamment de préciser quelle espèce de dangerosité il implique.

Il y a celui qui fait et celui qui fait faire.

Le comble dans la perversion c’est de faire faire à la victime le mal dont le pervers est en réalité l’auteur. Une autre variante : ce serait aussi de faire faire à quelqu’un en exploitant sa perversité,  quelque chose qui va lui nuire affreusement alors qu’il croyait satisfaire sa perversion au détriment précisément de celui qui , pour finir, tire les ficelles.

Le pervers n’existe pas sans ceux  qui le supposent pervers, y croient ou, du moins, le soupçonnent. Or ces derniers sont captés et attirés à leur insu sur  les mises en scènes du pervers. Ils sont fascinés devant ce qu’ils devinent.  Or il s’agit au fond de leur faire du mal.

Ils ont un rôle : soupçonner l’auteur. Mais justement, être soupçonné tout en restant insaisissable fait partie intégrante du plaisir pervers ( manipulation ultime)

L’enjeu et la crainte ultime n’est pas tant la fragilité de la victime devant la tentation du Mal inspiré par le pervers mais c’est la fragilité des actes en eux-mêmes, et la tentation de remédier au mal  qui nous y précipite  comme s’il suffisait de le viser pour l’atteindre. C’est une question de morale, d’éthique.  Il s’agit pour chacun de ne pas être l’objet de l’autre mais bien un Sujet à part entière.

 

La pensée s'ouvre....

 

ELLE INTIMEMENT Une âme à l’encre de Chine

Lignes rédigées le 27/09/2015

 

DRAKULA