Nous sommes au commencement du week-end. La tension du corps et des pensées se relâche.

La maison de Normandie dominant depuis sa terrasse  la vallée de l’Eure nous accueille comme chaque début d’été  dans la fraîcheur de ses murs. Je  me retrouve enfin  seule, accoudée à la rambarde  de la  terrasse en pleine forêt.

Pas un bruit, pas un souffle, le temps s’est arrêté. La vue est sublime.

 

Quelques  coins d’horizon sont  visibles, le reste est caché par les arbres gigantesques. Je me laisse charmer. Ils m’émeuvent de par leur force, leur résistance et leur solitude.

Oubliée, la vue étriquée des esprits étroits des cités grouillantes sans oxygène.

 

Ici, la perspective prend de la hauteur et parle à mon âme.

Les cimes irrégulières des arbres réalisent une symbiose avec le ciel, le chant des oiseaux, le souffle  caressant du vent.

Une douce mélancolie sans heurt s’empare de mon intérieur.

 Les couleurs de cette  immensité s’adoucissent,

Les sons s’estompent,

L’atmosphère se feutre,

Les formes s’arrondissent sagement : je prends de l’âge ce soir.

Je suis bien.

La vie d’ailleurs ne me manque plus.

Une âme à l'Encre de Chine

 

foret de marcilly