MOI, MANAGER

L’art de la performance est une exposition présentée au Tripostal du côté de Lille que je suis allée visiter.  Elle rend hommage à une forme d’art éphémère et très vivante : la performance artistique. S’y croisent la danse et la chorégraphie, la musique et les pratiques sonores et le langage du corps plaçant le spectateur au cœur de l’œuvre.

J’ai partagé cette expérience auprès de mon équipe qui s’en est donnée à cœur joie pour me qualifier de manager optimiste en associant ( certes avec un poil d’ironie et de provocation ) cette exposition à mon mode de management optimiste. Mais qu’en ai-je dit  au juste ?  « flot d’inspiration, tourbillon de créativité envolée lyrique, élégance.... »

Trève  de plaisanteries et reprenons notre sérieux.

 Un manager vécu de l’intérieur, cela vous intéresse t’il ? Et bien lisez ce qui suit et vous trouverez un petit questionnaire de Proust fait maison au sujet de ma vie avec mes troupes :

 

Je magnétise mes troupes ? Oui si on veut.

Je les accable de travail ? Non.

Je joue sur l’incertitude pour créer une tension permanente ? Non

J’élimine sans hésitation les mauvaises branches comme on clique sur «supprimer»   dans le virtuel ? Non.

Suis-je obsédée  par la tenue de la feuille de route et de ceux qui l’exécutent ? Mmmmnooonn.

Alors les résultats ????? Et qu’en est t’il de  la relation supérieure hiérarchique et salariés ?

Mon originalité profonde est sans doute à chercher là où on ne l’attend pas.

Lorsqu’une personnalité sort du cadre est-elle éliminée de suite ? Les personnalités toute lisse et sans aspérité sont-elles privilégiées ? Disons que j’ai une grande préférence pour les courageux révolutionnaires et militants tout en jouant les arbitrages de façon transparente. Je déteste quand le vernis des bonnes résolutions se fendille et que les relations restent planes et fades au point d’entendre le ronron d’un moteur.

Et pour ce qui est des personnalités « border line » j’ai un exemple qui pourra nous servir de matière à penser.

J’ai eu dans mon équipe à mes débuts de manager un grand dadet prénommé Dany le Pépèrepervers. Il avait la cinquantaine doté d’un joli minois, le nez aquilin. Il était charmeur disons le clairement. Ce grand et efflanqué ( type homme des cavernes angoissé) était un adulescent à qui on avait enlevé l’éducation de sa fillotte car irresponsable au possible quant aux charges réelles de la vie. Il était savant, cultivé, structuré en personnalité du gémeaux ascendant gémeaux à double personnalité. Il était soit disant branché sexe 24h sur 24 au point d’avoir la réputation de « C….avec tout ce qui bouge » (expression totalement inélégante mais je ne vois pas mieux). Il ne s’impliquait qu’au stricte minimum dans ses activités et surtout dans les restes à traiter. Il fallait lui reconnaitre que ce stricte minimum était exécuté au garde à vous et à la perfection.  Il ignorait que je le voyais passer son temps sur internet (création de blogs en tout genre, déguisements virtuels sous des masques des plus ahurissants). Je le résumerais en quelques mots : pervers narcissique bipolaire. Je l’ai excusé jusqu’au jour où je me suis rendue compte qu’il était obsédé par ma personne. Il  harcelait virtuellement sa supérieure hiérarchique et s’en vantait sur le net. Il en était extrêmement fier.  Il est allé jusqu’à me menacer ainsi que les miens. Je l’ai dénoncé. J’ai fini par comprendre qu’il voulait sa mort. Il se suicidait à petit feu. Sa douleur n’appartenait qu’à lui et non à son entourage.

Mon équipe lit mon blog , mes amis les plus chers, ma famille ainsi que d'anciens collègues que j'affectionne. Je dévoile ici ce qu’ils savent déjà. Ils me connaissent joueuse et très sérieuse à la fois. Je donne souvent de la matière pour discuter par la suite.

 Pour finir sur le management, obtenir la performance fait partie de nos essentiels tout autant que susciter les dynamiques, décider et proposer des arbitrages, générer des climats positifs et respectueux. Quant à mon éthique de la relation, je m’y tiens même dans le cas présenté ci-dessus de personnalité très border line. Il faut s’en écarter et dénoncer quand la limite de l’inacceptable est atteinte.

 Aimer son prochain tout en restant bienveillant envers soi-même. Tout un apprentissage.

 CHOISIS LA VALEUR JOIE ET NON LA VALEUR SOUFFRANCE.

 LA PENSEE S’OUVRE

 

SUPER MANAGER

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